Dans un marché du travail en perpétuelle mutation, les employeurs jouent un rôle clé dans le maintien de l’employabilité de leurs salariés. La loi française impose des obligations précises en matière de formation professionnelle, allant bien au-delà de simples bonnes pratiques. Pourtant, de nombreuses entreprises n’accordent pas encore suffisamment d’attention à ces responsabilités, ce qui peut entraîner des risques juridiques et limiter leur performance globale. Investir dans la formation n’est pas seulement une exigence légale, c’est aussi un levier stratégique pour fidéliser ses équipes et renforcer leur efficacité face aux défis actuels.
Un cadre légal renforcé pour accompagner les salariés
Les obligations liées à la formation professionnelle s’appuient sur des lois établies depuis plus de 70 ans. Ces dispositions se sont modernisées avec la loi « Avenir professionnel » de 2018, qui place les compétences des salariés au cœur des priorités. Ce texte a notamment revu le fonctionnement du Compte Personnel de Formation (CPF), permettant aux salariés de financer leurs apprentissages tout au long de leur carrière.
En parallèle, des dispositifs comme la promotion par alternance (Pro-A) ou les aides à l’apprentissage peuvent aider les entreprises à faire face aux évolutions technologiques et organisationnelles. Ces réformes ne visent pas uniquement à répondre aux obligations légales, mais à garantir que chaque salarié puisse maintenir sa place sur le marché du travail, même face aux mutations rapides des métiers et des technologies. En ne respectant pas ces exigences, les employeurs risquent non seulement des sanctions, mais aussi de freiner l’évolution de leurs équipes et de leur organisation.
Une responsabilité qui va au-delà de la simple adaptation au poste
Les articles L.6313-1 et L.6321 du Code du travail fixent des objectifs clairs pour les employeurs en matière de formation : assurer l’adaptation des salariés à leur poste, mais aussi anticiper leurs évolutions professionnelles. Ainsi, les employeurs doivent organiser des actions de formation qui visent à :
- Renforcer les compétences liées au poste actuel : cela inclut des formations obligatoires, telles que la Prévention et Secours Civique de niveau 1 (PSC1) pour certains secteurs sensibles comme la santé ou l’accueil.
- Préparer l’avenir des salariés : les formations non obligatoires, bien qu’optionnelles, permettent aux collaborateurs de se projeter dans de nouvelles missions ou de s’adapter à des changements technologiques et organisationnels majeurs.
- Intégrer les nouvelles générations à l’entreprise
- Encourager la mobilité interne et externe : un salarié formé est non seulement plus productif, mais également mieux armé pour évoluer au sein de l’entreprise ou trouver un nouveau poste si besoin.
L’entretien professionnel, désormais obligatoire tous les deux ans, est un moment clé pour analyser les besoins de chaque collaborateur. Ignorer cette étape pourrait conduire à des contentieux coûteux pour l’entreprise.
Les risques encourus en cas de non-respect des obligations de formation

Ignorer les obligations en matière de formation professionnelle expose les employeurs à des conséquences graves, aussi bien juridiques que financières. Si un contrôle révèle que les formations obligatoires n’ont pas été dispensées, l’entreprise peut être contrainte de verser des indemnités aux salariés concernés pour préjudice subi. Cela inclut notamment le non-respect des entretiens professionnels obligatoires, qui peut entraîner une pénalité équivalente à 3 000 euros par salarié dans les entreprises de plus de 50 salariés.
En cas de litige, un salarié peut invoquer le défaut de formation pour contester un licenciement ou exiger des réparations financières, notamment si l’employeur n’a pas assuré l’adaptation au poste ou la montée en compétences prévue par la loi. Par ailleurs, l’absence de contributions financières à la formation peut faire l’objet de redressements par l’URSSAF, accompagnés de pénalités et d’amendes.
Enfin, le non-respect de ces obligations nuit gravement à la réputation de l’entreprise, compliquant son attractivité auprès de nouveaux talents et son climat social interne.
Un engagement financier indispensable en faveur de la formation professionnelle
Assumer ses obligations en matière de formation ne se limite pas à organiser des sessions d’apprentissage. Les entreprises doivent également contribuer financièrement au système. La contribution unique à la formation professionnelle et à l’alternance (CUFPA), calculée en fonction de la masse salariale, est l’un des mécanismes principaux de financement. Elle s’élève à 0,55 % de la masse salariale pour les entreprises de moins de 10 salariés et à 1 % pour celles qui en emploient plus de 11.
De plus, les employeurs doivent financer le CPF des salariés en CDD via une contribution spécifique de 1 % de la masse salariale. Ces fonds permettent de mutualiser les coûts et d’accéder à des formations dispensées par des organismes certifiés Qualiopi. Cependant, si l’OPCO (Opérateur de Compétences) refuse de financer un projet de formation, l’entreprise devra en assumer l’intégralité des frais. Ces obligations financières peuvent sembler contraignantes, mais elles constituent un investissement direct dans la compétitivité de l’entreprise.
Formation et rémunération : que dit la loi ?
Pour les formations obligatoires, l’entreprise est tenue de maintenir la rémunération du salarié, car celles-ci s’effectuent pendant le temps de travail. En revanche, les formations non obligatoires, souvent suivies en dehors des horaires de travail, peuvent ne pas être rémunérées. Toutefois, proposer un accompagnement financier ou organisationnel dans ces cas est un moyen pour l’employeur de renforcer la fidélité de ses équipes tout en montrant son engagement envers leur développement.
En résumé : la formation professionnelle améliore la compétitivité
Respecter ses obligations en matière de formation professionnelle ne doit pas être perçu comme une contrainte, mais comme une opportunité. Chaque action, qu’il s’agisse de mettre en place des formations adaptées, de financer les besoins des salariés ou de planifier des entretiens professionnels, contribue à renforcer les performances de l’entreprise et l’engagement des collaborateurs. Aujourd’hui, investir dans les compétences de ses équipes est l’un des meilleurs moyens de faire face aux mutations du marché et de rester compétitif.
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Source : Quelles sont les obligations de l’employeur liées à la formation ?